|
La commune est, historiquement, en
France, l’échelon politique et administratif de base. Toutefois,
pour remédier à ce qui a été qualifié « d’émiettement communal », ,
diverses formes de regroupements de communes ont été proposées dès
la fin du XIX siècle. Ainsi, des syndicats de communes ont d’abord
été créés pour gérer divers services publics. Puis, à partir de la
fin des années 1950, des formes de regroupement plus intégrées sont
apparues pour mieux structurer un espace urbain en plein essor.
lire
la suite...
Compétences d’une
Intercommunalité
Les
compétences obligatoires d’une Communauté de Commune sont
au nombre de 2 :
-
l’Aménagement de l’espace
-
l’Action de développement économique intéressant
l’ensemble de la communauté.
Toutefois la loi
transfère aux CC optant pour le régime fiscale de la taxe
professionnelle unique, l’aménagement, la gestion et la zone
d’activité industrielle, commerciale, artisanale, touristique,
portuaire ou aéroportuaire qui sont d’intérêt communautaire.
Les
compétences facultatives parmi lesquelles il faut en
choisir une :
La protection et
la mise en valeur de l’environnement ; la politique du logement et
du cadre de vie ; la création, l’aménagement et l’entretien de la
voirie, la construction, le fonctionnement et l’entretien
d’équipements sportifs et culturels et d’enseignements
préélémentaire et élémentaire.
La Communauté de Communes
des Stations du Mercantour ? Petit rappel
La
Communauté de Communes des stations du Mercantour, créée en 2002,
regroupe les communes de Saint-étienne de Tinée (1.471 inscrits),
Isola (802 inscrits), Saint-dalmas le Selvage (170 inscrits).
Au
total 2.443 habitants la composent.
Son
siège est situé au sein de la Mairie d’Isola, place de l’Hôtel de
Ville.
Pourquoi une
Intercommunalité ? L’union fait la force
À
l’origine de notre appartenance à cette structure : le désir de
favoriser les services publics, le développement économique, la
création d’emplois, tous ensemble.
Deux
maîtres mots : rationalisation et mutualisation.
La
nécessité de régulariser l’équilibre entre les espaces naturels
remarquables de notre territoire, les populations et les
équipements, afin de permettre à tous d’accéder à un service
public de qualité et de partager les chances dans le cadre du
développement durable. Un autre pied d’égalité se voyait donc
favorisé : celui des citoyens face au partage des richesses avec
l’unification de la taxe professionnelle.
Se
regrouper pour développer un territoire commun.
Le
principe était de travailler ensemble pour mieux gérer les
territoires et améliorer les conditions de vie de chacun en
réaménageant l’espace par des actions telles l’aménagement des
zones d’activité, la rénovation urbaine, l’amélioration des
transports en commun.
Alors ?
Ce
diagnostic possède deux « inconvénients », celui de ne plus tenir
compte des identités de chacun, par conséquent des axes à
privilégier, dans le double respect des différences et des
volontés locales et d’avoir uniformiser toutes les structures
décisionnaires, avec la volonté de ne plus faire qu’un, sans tenir
compte des originalités de chacun.
En
effet, la défense de l’identité locale reste un élément majeur
dans nos choix, ceci n’écartant pas la nécessité d’une nouvelle
dynamique de croissance. Il nous est donc apparu comme une
évidence de rejoindre un « grand bassin » pour construire un
avenir favorisant le développement de notre territoire tout en
veillant au respect de l’environnement et à l’identité touristique
de chaque entité. Quant à cette
odieuse uniformité, mise en place, elle achèvera de
détruire toutes nos différences jusqu’à nos particularités
naturelles. Quelle perspective sinistre, pour tout homme gardant
un peu le respect de la nature et le goût de la beauté ! D’un bout
à l’autre du monde un même style d’architecture, une même coupe de
vêtement, une même façon de sentir, de penser, et de vivre !
Comment faire évoluer
cette Intercommunalité ?
Nos solutions :
Notre objectif est de réorganiser la structure intercommunale en
réaffirmant une véritable logique de projet et une réelle adaptation au
territoire.
En terme organisationnel, avoir un véritable projet de vie en commun est un
préalable à toute constitution d’intercommunalité. L’adhésion à ce projet
apparaît comme fondamental pour le bon fonctionnement de notre
communauté.
Il faut également clarifier de la notion d’intérêt communautaire en engageant un processus législatif de
clarification avec tous les conseillers municipaux élus avec : la prédominance du critère
de population
pour déterminer la répartition des sièges au sein d’un conseil communautaire, pondérée par l’importance de l’origine des recettes fiscales de la structure intercommunale et
l'utilisation d’un
droit de veto lorsqu’un projet se situera sur son seul territoire.
Face à ces constats, nous entendons améliorer et enrichir l’intercommunalité selon trois principes
:
Rigueur : meilleure définition du projet communautaire, délimitation
précise des limites de la compétence de l’EPCI lors de la définition de
l’intérêt communautaire,
Liberté : de chacun et la
responsabilisation accrue des élus et des citoyens,
Transparence : amélioration des exigences en terme de communication
financière, prise en compte du poids fiscal de chaque commune membre.
(à court terme)
La Légitimité des
Conseillers Communautaires
La complexité des
problèmes, que notre communauté traverse (et des solutions qu’elle
doit inventer et mettre en œuvre), nécessitera une coopération
intercommunale renforcée. C’est un fait avéré.
Mais celle-ci
devra s’accompagner rapidement d’une légitimité démocratique
incontestable des élus intercommunaux grâce à des élections soit
au suffrage universel, soit au suffrage indirect par les
Conseillers municipaux.
Nous sommes
réservés, dans l'état actuel des esprits, sur l'élection du
Président du Conseil Communautaire dans un bureau, entre 3 Maires
et 4 murs, même s’ils ont toute la légitimité pour le faire.
Alors élection au
suffrage universel ou élection par les Conseillers Municipaux élus
aux dernières élections municipales ? Le débat est ouvert !
En tout état de
cause, dans les petites communes, les listes sont élues avec
panachage. Il est donc décisif que la légitimité démocratique
reste dans les Communes. S'agissant du mode de désignation des
conseillers communautaires, nous sommes partisans d'élections au
suffrage universel parmi les conseillers municipaux destinés à
siéger aussi comme conseillers communautaires.
L’union n’est pas la
standardisation, comme l’originalité n’est pas la désunion !
Outre
l’aménagement d’espaces communautaires, les compétences suivantes
lui ont été déléguées : le Développement économique, le
Développement durable, l’Emploi, le Logement, la Culture,
l’aménagement et l’entretien des Voiries, la protection et la mise
en valeur de l’Environnement, les Ordures ménagères (gestion des
déchetteries et tri sélectif), le Tourisme, la Communication, la
Commercialisation et la liste n’est pas exhaustive.
L’autonomie
communale est sacrée. Chacun doit être maître de ses choix. C’est
bien et mal à la fois. C’est bien car cela évite des solutions
uniformes standardisées qui, par essence, stagneront après leur
installation. C’est mal car cela ouvre la porte à la cacophonie la
plus complète. Il faut dégager les pistes d’un chemin médian où
chaque commune pourra faire des choix parmi des voies balisées ou
des itinéraires largement défrichés. Le véritable problème est que
les communes, les plus petites surtout, sont trop souvent livrées
à elles-mêmes. Elles ne sont ni aidées, ni conseillées. Le moment
est venu de mettre en place des structures dynamiques -fortes et
fiables- et unique afin d’agir différemment suivant les besoins de
chacun et afin d’apporter à chaque entité l’aide nécessaire pour
évoluer à travers « la jungle » des stations de montagne. Que des
améliorations apportées à certains endroits de la commune ne
soient pas apportées partout simultanément, c’est la porte ouverte
pour une configuration hétérogène.
Chaque
compétence engendre des coûts soit en prestations internes, sous
forme de salaires, soit en prestations externes, sous forme de
services. Ils ont choisi de faire appel à une aide externe, se
retrouvant automatiquement entraînées dans les rouages d’une
société prestataire de services ! Il existe un risque énorme de
pouvoirs exorbitants confinés dans les mains d’un prestataire
Intercommunal, chargé de mettre en place la même chose et pour
tout le monde.
Référendum
d’Initiative Populaire
Sur le plan du droit politique, l'initiative populaire est la
tentative de citoyennes et de citoyens, d'amener, par leur
signature, à une votation plus « populaire ». Du point de vue de
la théorie de la démocratie, l'initiative populaire et le
référendum constituent les moyens de droit populaire les plus
appréciés. Ils permettent à toutes les citoyennes et à tous les
citoyens d'intervenir dans la politique, en dehors des élections.
Ceci a des conséquences importantes pour la culture politique d'un
pays et pour le rapport des citoyens à la politique. A la
différence du référendum, par lequel il est possible de s'exprimer
sur des textes de loi ou constitutionnels élaborés au Parlement,
l'initiative populaire est source de créativité et d'innovation :
par ce biais, les citoyennes et les citoyens peuvent être amenés à
discuter de thèmes que la politique officielle ignore, néglige,
sous-estime ou auxquels elle n'aurait jamais pensés.
Dans la pratique, une initiative populaire requiert les efforts
démesurés de quelques centaines de citoyennes et de citoyens, pour
trouver une écoute publique et lancer un débat sur un sujet qui
leur tient à cœur. Nous mettrons tout en oeuvre pour les y aider !
http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/propositions/pion0134.pdf
(à long terme)
La valeur
ajoutée d’une "grande"
Intercommunalité
On ne peut
traiter l'Intercommunalité en milieu rural comme en milieu urbain.
En milieu rural, l'important c'est la taille critique qui doit
permettre le maintien des services publics sur tout le territoire.
Si l'on écoutait les poncifs en matière d'Intercommunalité,
on en viendrait à penser que seul ce qui est petit est efficace et
compétitif. Du coup, le bon regroupement intercommunal
consisterait à former des Communautés de Commune de quelques
communes et de quelques centaines d'habitants. Dans cette ligne de
pensée, être gros serait une infirmité. C'est l'idée qui a
longtemps prévalu, notamment chez les élus. Doit-on défendre la
thèse que la taille « mini » est nécessairement la plus pertinente
et la plus efficace ? On trouve plus de dynamisme dans des
structures plus grandes. L'écueil évident réside dans la
suppression de "baronnies" individualistes et rivales.
Ainsi, ces
communautés, plus grandes, se coordonnent entre elles et
harmonisent leurs projets. On se retrouve avec un maillage
cohérent qui présente le double avantage de la taille critique et
de l’uni-centralité. Les petites tailles permettent d'exister sur
la scène locale et électorale mais est handicapé par une
pluri-centralité, alors que de plus grandes unités lui donnent
réactivité et proximité avec les citoyens.
C'est
précisément ce que nous souhaitons pour nos territoires ! Tel est
le sens du modèle de la marguerite que nous prônons pour
l'organisation intercommunale du Mercantour d’Ouest en Est du
Département des Alpes-Maritimes. A une petite Communauté de
Commune, regroupant trois communes sur un mode fusionnel et
partisan, nous préférons une Communauté de Commune centrée par le
Mercantour (ou les Alpes d’Azur) - c'est le coeur de la marguerite
- et d'une quinzaine de communes tout autour des pétales qui
coopèrent avec le centre et entre elles. Coeur et pétales seraient
liés et coordonnés par le fameux
SCOT (schéma de
cohérence territoriale) qui arrêterait les grandes orientations de
ce bassin de vie à l'horizon 2020. Ce mode d'organisation, qui
finalement ne s'est pas imposé chez nous, nous enrichirait de nos
différences, préserverait la proximité des élus et des citoyens
et éviterait la personnalisation et les conflits de
légitimités.
le fonctionnement d’un grand réseau s’appuie sur
toujours sur le principe de mutualisation, qui permet
d’optimiser :
·
les modes organisationnels :
services communs plus performants (communication, animation,
formation, traitement du document, standard, courrier, gestion du
personnel)
·
les ressources en personnel :
compétences élargies, approfondies (éventail plus large des
projets et des motivations professionnelles, capacité accrue des
moyens de formation en intra, culture du changement et de la
mobilité, de la négociation et de la concertation)
·
l’offre documentaire : possibilité de
jouer tout autant sur la largeur que sur la profondeur de l’offre
(approche différenciée selon les domaines et les contextes)
·
l’accès à l’offre documentaire :
catalogue commun, possibilité de réserver les documents sur
tous les points du réseau
·
une plus grande diversité des
besoins et des usages : différenciation accrue des publics
(individus / partenaires)
·
la pluralité des projets de
politique publique (autant de communes, autant de programmes et
d’actions)
Pour éviter le double écueil d’une standardisation de l’offre
de services d’une Intercommunalité « rurale » ou d’une autonomie
excessive des équipements, il est nécessaire d’énoncer, en
complément d’un mode organisationnel transversal souple et
évolutif, un projet global qui s’appuie sur des principes
d’intérêt et de politique publique communautaires tout en
reconnaissant les spécificités de chaque territoire, sans
effacement de l’échelon communal.
Ce
thème, je le souhaite, sera un de ceux abordés pendant cette
campagne des élections municipales de Saint-étienne de Tinée.
Quand certains parlent d'une Intercommunalité de Commune (et de
leurs habitants), je
préfère parler d'une Intercommunalité de "projets". Les
électeurs auront certainement à se déterminer car les avis
sont différents. Les candidats à cette élection, qui seront au départ
en Mars 2008, ne pourront pas faire l’impasse sur ce sujet. Ils
devront se déterminer.
Didier
BURDIN
|